Gaia - bal folk - http://www.gaia-balfolk.com
Ni jazz, ni world music, ni registre classique, mais où, diable !, pourrions-nous classer « Aurélia » ? Dans un no man’s land musical. Une sorte de terra incognita. Un bout de territoire sonore inclassable. Trio acoustique, solo de violon, cocktail de percussions, voix enjouée ou cristalline… On se laisse littéralement porter par cette musique à la fois sensuelle et sensitive, complexe mais accessible, burlesque et lancinante, sauvage et rigoureuse. Une auberge espagnole ? Un melting-pot improbable ? Rien de tout ça.
« Festina lente » a une identité, une véritable ligne claire. Qui, à bien y réfléchir, n’est pas si lointaine de notre belgitude. Est-ce cette rencontre inédite entre une violoniste condrusienne, un guitariste Gantois et un percussionniste gaumais ? Ce carrefour d’influences diverses ? Cette pointe de dérision, de surréalisme et de fougue ? Allez savoir !
« Aurélia » est gorgé de « forces psychiques » : écriture automatique, rêve et inconscient. Ses compositions sont dotées de bell(g)es sonorités : fureur, risée, sensualité, raffinement, sarcasme, lancinante curiosité… « Festina lente » n’est pas linéaire, attendu, formaté. Il ne vous pas prend pas part la main, ne vous indique jamais la marche à suivre. A chacun de se débrouiller entre la mélancolie de l’alto, les bribes de voix – perdues quelques part entre Arno et un castrat, Tom Waits et un sopraniste-, et de folles percussions métalliques, chassées, ramassées ou retenues. On est tour à tour dans un film de Fellini, un champs de lin, une ruelle taguée, un salon anglais. C’est un voyage sans fin…
De « Festina lente » (l’élégance et la douce tristesse) à « la descente » (la poésie et l’exaltation), en passant par « Le grenier » (la vie intérieure d’une mansarde ou d’une âme féminine) on va, on vient, de surprises en découvertes. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, cette musique n’est ni hermétique ni purement récréative. Elle touche aux sens et fait littéralement sens. C’est ce qui fait sa richesse, sa grâce et sa puissance.
Aurèlie Dorzée : violon, alto, compositions (Trio Trad, Musique à Neuf, Panta Rhei, Didier Laloy invités…)
Tom Theuns : guitare, voix, compositions (Ambrozijn, Vera Coomans, Nada, Olla Vogala...)
Stephan Pougin : percussions (Panta Rhei, Cetra d’Orféo, Rêve d’Eléphant Orchestra, trio avec Steve Houben et Jacques Pirotton, Didier Laloy Invites…)
Contruction bio - maison passive - Liège - Belgique - http://www.synergiebois.be